Spelunca N°125 Karstologia N°56

Picos padiorna 2011

| Expédition PICOS PADIORNA 2011

 

Pays :

Espagne

 

Région :

Picos de Europa (Asturies)

 

Club :

Association Spéléologique Charentaise (ASC)

 

Responsable :

Bernard HIVERT– Les Fauveilles – 16380 CHAZELLES

(Contact mail)

 

Participants français :

Bernard HIVERT, Olivier GERBAUD, Yann AUFFRET, Romain TURGNE, Jérémy DURAND, Lucille DELACOUR, David PARROT, Pierre ORTOLI.

 

Participants espagnols :

Francisco Javier SANCHEZ, et huit autres Espagnols de la région de Madrid.

 

Dates :

30 juillet au 6 août 2011

 

Historique :

Depuis 1971, l’ASC établit un camp spéléo dans les Picos de Europa, au début uniquement entre Français, et depuis plusieurs années en collaboration avec le club CES Alfa, de Madrid et d’autres spéléologues espagnols. Nous fêtions donc le 40e anniversaire de notre activité en ces lieux.

 

Objectifs :

Comme d’habitude, les principaux objectifs étaient :

• Prospection et recherche de nouveaux trous

• Désobstruction et suite d’exploration de cavités en cours

• Ré exploration de puits comblés par la neige (nouvelles possibilités selon l’enneigement)

 

L’équipe :

Le groupe français était constitué de huit personnes, essentiellement des Charentais, mais aussi deux jeunes de Nancy et un de la région parisienne. Parmi les Espagnols, la moitié était des habitués de ce camp, et les autres des scientifiques travaillant pour le Parc national des Picos de Europa.

 

Réalisations :

• Le LL7 que nous avions découvert l’an dernier s’avérait impénétrable à -93 m mais nous avions laissé en suspens une lucarne latérale à mi-hauteur et une escalade dans un puits parallèle. Malheureusement, les deux n’ont pas donné de suite. L’exploration du LL7 est donc considérée comme terminée.

• Le ES27, trouvé en 2008 très près du camp, est toujours aussi prometteur pour les jeunes souples et déterminés qui osent se faufiler dans ses boyaux tortueux. L’altimètre indiquerait une profondeur proche de – 400 m, mais une crue glaciale a refroidi toute l’équipe (dans tous les sens du terme) et la topo n’a pas suivi jusqu’au bout.

• L’exploration du V10 est la grande réussite de cette année. Il est perché à la limite de la zone qui nous a été attribuée par la Fédération espagnole, dans le secteur Veronica / Hoyos Sengros, et la marche d’approche est assez fatigante. Mais quelle récompense quand on l’atteint ! Il faut se glisser dans la rimaye, entre glace et rocher, et l’on accède à une salle avec un névé pentu et des concrétions de glace surprenantes : rideaux de stalactites, excentriques, lames de sabres, cascades massives… Dans la direction opposée, un glacier en forme de spirale s’enfonce dans un puits jusqu’à -146 m (à suivre).

Mais suite à une escalade à côté d’une cascade glacée (-60 m), grande exaltation : un premier puits de 40 m est suivi d’un autre, non descendu par manque de temps, sans glace, et dont le temps de chute d’une pierre avoisine les 10 secondes. Une forte motivation pour y retourner l’an prochain !

• Sur la crête de You Oscuro, à la limite de la zone des Belges, une équipe espagnole a descendu un puits de plus de 110 m (à suivre). Mais comme il y a deux spits à l’entrée, il faudra vérifier sur les archives l’historique de ce trou.

• Les Espagnols ont axé leur séjour sur des relevés scientifiques. Trois d’entre eux étaient chargés de poser des appareils enregistreurs dans des grottes glacées et d’effectuer des prélèvements pour étudier l’évolution de la température et du volume de la glace souterraine. Ainsi, ils sont allés dans la grotte glacée de la Torre de Altaiz et celle de Veronica. Ils reviendront dans un an ou deux pour récupérer les données.

 

Conclusion :

Après le groupe restreint de l’an dernier, et l’absence de rapport d’expédition côté espagnol qui a failli nous interdire l’accès à cette zone, le renouveau a eu lieu, avec des jeunes spéléologues motivés.

La prospection a enfin été récompensée et la nouvelle de la découverte du V10 a vite circulé. Plusieurs nouveaux souhaitent se joindre à nous l’an prochain. L’attrait du vierge facile est toujours vivace. Mais la chance se nourrit de toutes les heures passées à fouiner sur le lapiaz et à noter les coordonnées de chaque passage intéressant entre les lames acérées du rocher.

 

Bernard HIVERT

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